Quand on eut regagné le corridor,Maigret jeta un coup d’œil vers le salon, qui n’était plus éclairé et oùbrillait seulement la cigarette d’Else.

— Nous ne nous servons pas dela salle à manger ni du petit salon qui se trouvent en façade… Voulez-vousvoir ?…

La lampe éclaira un assez joliparquet, des meubles entassés, des pommes de terre étalées sur le sol. Lesvolets étaient clos.

— Nos chambres sont là-haut…

L’escalier était large. Une marchecriait. Le parfum, à mesure que l’on montait, devenait plus dense.

— Voici ma chambre…

Un simple sommier posé sur leplancher, formant divan. Une toilette rudimentaire. Une garde-robe Louis XV. Uncendrier débordant de bouts de cigarettes.

— Vous fumez beaucoup ?

— Le matin, au lit… Peut-êtretrente cigarettes, en lisant…

Devant la porte située en face de lasienne, il prononçatrès vite :

— La chambre de ma sœur…

Mais il ne l’ouvrit pas. Il serembrunit tandis que Maigret tournait le bouton, poussait l’huis.

Andersen tenait toujours la lampe etil évita de s’approcher avec la lumière. Le parfum était si compact qu’ilprenait à la gorge.

Toute la maison était sans style,sans ordre, sans luxe. Un campement, où l’on usait de vieux restes.

Mais là, le commissaire devina, dansle clair-obscur, comme une oasis chaude et moelleuse. On ne voyait pas le parquet,couvert de peaux de bêtes, entre autres d’une splendide dépouille de tigre quiservait de descente de lit.

Celui-ci était d’ébène, couvert develours noir. Sur ce velours, du linge de soie chiffonné.

Insensiblement, Andersen s’éloignaitavec la lampe dans le corridor, et Maigret le suivit.

— Il y a trois autres chambres,inoccupées…

— En somme, celle de votre sœurest la seule à donner sur la route…



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